Je reviens au thème de l’émotion pour rebondir sur les commentaires au précédent post et préciser à partir d’un exemple concret récent.
Hier, je sortais une bouteille de jus de fruit du réfrigérateur lorsque ma main a heurté la porte. Ce petit choc a suffi à me faire lâcher prise et la bouteille de verre encore à moitié pleine a éclaté sur le pavé.
J’ai perçu instantanément comme un coupe-circuit, une pensée fulgurante, trop rapide pour être verbalisée qui pourrait être du type « L’émotion est inutile, cela ne sert à rien de se mettre en colère. » et il n’y a pas eu la moindre émotion. J’ai simplement réparé les dégâts tranquillement.
Tout en nettoyant, j’ai essayé de regarder attentivement s’il pouvait y avoir de la répression là-dedans, en ressentant aussi finement qu’il m’était possible. Il ne me semble vraiment pas. Cela dit, mes connaissances en psychologie sont limitées et il se peut que le mécanisme soit totalement inconscient. Mais je crois aussi, comme je le disais la dernière fois, que cela laisserait des traces que je ne perçois pas. Un avis compétent en la matière m’intéresserait.
Je pense en tout cas que j’ai été plus disponible pour réfléchir à la meilleure façon d’éponger sans en rajouter en me coupant. De plus, l’émotion est toujours gourmande en énergie, pourquoi se priver de l’éviter quand c’est possible ? Cela ne me semble pas remettre en cause l’accueil qu’on doit lui réserver pour la vivre pleinement lorsqu’elle est là.
5 commentaires:
Je crois que tu as tiré plus vite que ton ombre... et que c'est heureux!
Sylvie
Savoir prendre du recul... là est le secret. Être spectateur de ces sentiments, de ses actes est s'aider soi-même à faire les meilleurs choix. L'erreur est toujours possible car elle est humaine mais on peut malgré tout réduire les conséquences négatives de nos actes émotionnels, verbaux ou pensifs. Être dans et en dehors de l'action pour contrôler au mieux la situation... c'est du moins comme ça que je le vois ;-)
coucou Dominique ! Ton post m'a beaucoup intéressée. C'est en partie une attitude spontanée que je note chez moi, depuis peu. De mon côté, cela se manifeste surtout quand je vois des jugements ou bouffées d'énervement monter en moi, et pof ! aussitôt je me reconnais dans ma façon d'être, et je lâche l'affaire. Je me suis posé cette question aussi, de savoir si par ce procédé, j'évitais l'émotion et l'approfondissement, si je m'en coupais, mais ce qui me frappe surtout, c'est que cela sauve en effet beaucoup d'énergie, que j'ai même la sensation d'en regagner en n'entrant pas dans la gamberge et la colère pour des choses inutiles, mille fois vécues. Et comme tu le dis aussi, je n'ai pas remarqué ensuite de manifestation d'une émotion refoulée.
Je me dis donc que c'est une excellente chose qui revient à se connaître et ne pas se suivre dans ses propres excès !
Merci pour ces trois avis qui semblent aller dans le même sens.
Observer l'infime dans le quotidien. Plus on observe, moins on réagit, et moins on s'identifie.
Ton exemple est très intéressant, merci.
Enregistrer un commentaire