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L’idée de départ de ce blog est d’en faire surtout un outil personnel. Outil de progression serait présomptueux, du moins un outil de réflexion, de clarification ; probablement à partir de textes essayant de résumer ma façon de sentir les choses, humblement, simplement, le plus honnêtement possible ...
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dimanche 14 février 2010

Solitude

Je reviens sur le long et lent processus qui fut mis en branle par cette réflexion d’un vieil ami sur son enfance (voir « Léon »).

Le premier sentiment a été une stupide culpabilité (pléonasme). Quel égoïste n’étais-je pas de n’avoir pas souffert d’être enfant unique ! Pas souffert, du moins me semblait-il, et c’est ainsi que s’est mis en route un mécanisme involontaire de vérification très étalé dans le temps, par petites bulles qui remontaient. Il m’est apparu progressivement que ma petite enfance - c’est à l’entrée à l’école que les choses se sont gâtées - avait été très heureuse, chose qui était loin d’être évidente auparavant. Je n’en ai que de très bons souvenirs.

J’ai vécu mes premières années dans un tout petit village. Ma mère en était l’unique institutrice. Notre chambre donnait directement sur la classe et c’est là que je terminais mes nuits et faisais mes siestes. Ma mère jetait un œil de temps en temps et cela n’a jamais posé de problème car j’étais un enfant très sage.

Je passais le reste du temps de l’autre côté de la rue, dans le café-épicerie du village. La Mère Fontaine qui tenait ce commerce me faisait office de nourrice. Je lui garde une grande tendresse et je lui ai longtemps après rendu visite de temps en temps. Elle était de celles qui m’ont fichu une paix royale. J’aimais cette ambiance calme - les clients étaient rares, regarder toutes ces marchandises disposées dans les casiers et surtout les bocaux de sucrerie sur le comptoir. Mais la gourmandise était surtout visuelle, c’est peut-être là qu’est né mon regard de photographe.

Je ne ressens aucune nostalgie à cette évocation mais, au contraire de la jubilation. Si j'ai si bien vécu tout cela, c’est sans doute que cela me correspondait. Je sens que l’appréciation, le plaisir de ce genre de choses sont intactes, les mêmes qu’il y a cinquante ans. Cela fait partie de ce qui ne vieillit pas.

10 commentaires:

Brigitte a dit…

Je ne voudrais pas apporter un bémol mais il me semble que, l'âge venant, nos yeux ont tendance à se voiler de rose dès qu'ils abordent les souvenirs de la petite enfance.

Dominique a dit…

C'est possible mais ce n'est pas comme cela que je le ressens.

yannick a dit…

Merci de ton témoignage, très bien imagé.

fish-fish a dit…

ça fait un bail, je me sens seul?

Dominique a dit…

Je suis dans ma période "taiseuse". Toutefois il y a un post sur le jardinage en couveuse...

fish-fish a dit…

Ouf.

☼ France ☼ a dit…

Tu connais Concarneau génial

Dominique a dit…

> Fish-fish
Aussitôt dit, (presque) aussitôt fait.

> France
Des amis y ont un appartement qu'ils nous prêtent de temps en temps.

lilou a dit…

Au fil des mots..tout résonne en écho en moi..
Petit village, enfant unique, mère institutrice, présences chaleureuses..
Le bonheur de ces instants paisibles est une grande force.
Je le retrouve dans la saveur du jardinage.

Dominique a dit…

Heureux de cet écho.